Tour d’horizon politique, économique et culturel de la ville de Berlin aujourd’hui.

« Pauvre, mais sexy », c’est le slogan qu’avait trouvé l’ancien maire de Berlin pour désigner la capitale allemande. Cette phrase, qui date de 2006, semble être de moins en moins justifiée. Le Sénat berlinois a décidé en juin de geler les loyers pendant cinq ans afin de limiter la flambée du prix des locations immobilières dans la capitale allemande. Pourtant à l’échelle de l’Europe, Berlin ne fait pas partie des capitales les plus chères, loin de là. En moyenne, le loyer au m² est de dix euros, alors qu’il est de 35 euros à Paris, 16 euros à Madrid et 14 euros à Rome. 
 Bien entendu, il existe des disparités entre les quartiers de Berlin.
En 1949, les Allemands de l’Ouest ancrent dans une Loi fondamentale la place centrale des partis politiques dans le fonctionnement de leur nouvelle République. Depuis, les partis vont jouer un rôle déterminant. Dans chacun des Länder, tout comme au niveau fédéral, le gouvernement est le résultat d’une majorité parlementaire. Le chancelier, issu du groupe parlementaire le plus nombreux, est amené à s’allier à un ou plusieurs autres partis pour former une majorité.
Jusqu’à la chute du Mur, le paysage politique se caractérisait par sa stabilité. À l’Est, le régime communiste régnait sans partage, tandis qu’à l’Ouest, trois formations ont dominé le paysage politique pendant plusieurs décennies : les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates et les libéraux. Progressivement, on a assisté à un morcellement de l’offre politique. L’érosion des deux grands partis SPD et CDU, mais aussi l’installation d’une nouvelle offre politique avec les Verts et Die Linke à gauche et l’AfD à droite, ont changé la donne.
À Berlin, ce morcellement est très visible entre 1990 et 2016, le SPD et la CDU n’étant plus capables de former une majorité.
Depuis que l’Allemagne réunifiée a publié ses statistiques sur le tourisme en 1993, on a pu observer un intérêt croissant pour cette destination. Entre 1993 et 2017, le nombre de nuitées internationales en Allemagne est passé de 35 à 84 millions. Berlin est le Land le plus marquant sur ce point, le volume de nuitées internationales ayant bondi de 3,4 millions à 19,3 millions sur la même période.
Les motivations des touristes commencent à apparaître au grand jour. D’après le rapport de la Berlin Klubcommission, un quart des touristes se rendrait en club lors de son passage dans la ville.
La ville mise également sur son offre culturelle pour attirer toujours plus.
L’Allemagne est un pays diversifié. D’après l’OCDE, le pays compte parmi sa population une part d’immigrés plus importante que la France. En 2016, l’Allemagne comptait 12 millions d’immigrés âgés d’au moins 15 ans, un chiffre qui est presque deux fois moins important en France (avec 7,4 millions d’immigrés).
Cette situation n’est pas totalement nouvelle. Dès la réunification, l’Allemagne accueille la majorité des réfugiés au sein de l’Union européenne avec plus de 400 000 demandes d’asile en 1992.
En outre, après l’effondrement de l’Union soviétique, les “Aussiedler”, des citoyens des anciennes républiques communistes aux lointaines origines allemandes, font usage de leur droit à regagner l’Allemagne (environ 200 000 personnes par an entre 1991 et 1995).
Ainsi, lorsque la chancelière Merkel décide, en août 2015, de ne pas fermer les frontières aux réfugiés syriens, le pays avait déjà accompli des pas importants dans la reconnaissance de sa diversité. 

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