Le site web Dos au Mur raconte Berlin à travers la “génération post Mur”. Celles et ceux qui, trop jeunes pour avoir connu Berlin divisée, vivent avec l’héritage de cette époque. Au-delà d’une construction sociologique, qui est cette génération ? Qu’est-ce qui la caractérise ?

La « génération post Mur » désigne d’abord les personnes nées après la chute du mur de Berlin, en 1989, ou juste avant cet événement. Elles n’ont pas de souvenirs de la vie en RDA ou en RFA et connaissent la vie à cette époque uniquement à travers les témoignages de leurs proches, ou les livres d’Histoire.
Cette « construction imaginaire » produit nécessairement un récit « lacunaire et subjectif » chez les jeunes Allemands, analyse Carola Hähnel-Mesnard, maître de conférences en études germaniques à l’université de Lille. Ce processus explique que les jeunes de l’Est et de l’Ouest n’ont souvent pas la même vision de l’Allemagne divisée alors qu’ils ont toujours vécu dans un pays réunifié.
Avec Dos au Mur, nous nous concentrons sur les Berlinois. Pour eux, bien souvent, le Mur n’est pas un sujet de préoccupation. Certains ont d’ailleurs une connaissance très superficielle de cette époque et estiment qu’elle n’a pas d’incidence sur leur vie. La plupart des Berlinois considèrent le Mur d’abord comme une attraction touristique, puis comme une part de l’histoire de leur pays. Pourtant, tous ont forcément, dans leur vie, un lien particulier avec la séparation de leur ville.
« Les Berlinois peuvent vivre leur vie sans en connaître beaucoup sur le Mur. Toutefois, je pense qu’ils se comprendraient mieux eux-mêmes et entre eux s’ils creusaient plus profondément leur histoire personnelle, familiale », estime Johannes Staemmler, chercheur à l’université de Potsdam (Allemagne) qui travaille sur la transmission de l’histoire de la RDA à travers les générations d’Allemands.
L’expression « génération post Mur » est un choix éditorial de la rédaction. « Parler de ‘génération’ est toujours une construction. Les personnes qui en font partie ne s’appellent pas comme cela entre elles », décrypte Katja Eisenächer, chercheuse à l’université de Hochschule Magdeburg-Stendal en Allemagne.
La « génération post Mur » berlinoise porte l’héritage particulier d’une ville qui a vécu il y a 30 une réunification symbolique mais aussi, à la différence du reste de l’Allemagne, géographique. Avec Dos au Mur, nous explorons les formes que prend cet héritage.

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